samedi 22 septembre 2007

Métropolitain, de Yann Marchand

couv_concours_150x230Ai fini aussi le texte de Yann Marchand, "Metropolitain" (Griffes d'encre, coll. Novellas, avril 2007, 7 €, site de l'éditeur ici)

Suis mitigé. J'aime beaucoup, mais je trouve que ... Enfin, je reprends du début :

L'idée de départ est très intéressante. Un homme, un raté fini, moche, salace, tout ce que vous voulez. Employé de banque, qui plus est (note pour mon banquier à moi : non, Monsieur, c'est pour rire, pas m'assassiner de frais d'interventions si mon compte est un peu dans le rouge parfois... merci...)

Ce mec-là, un jour, croise un chien... qui aime beaucoup son mollet. Le mordiller, le grignoter, le lécher, le ronger. Ca dure quelques jours. Quelques jours de cauchemars. Vous pensez bien ! Imaginez le calvaire !

D'une manière qu'on qualifiera elle aussi de malpropre (c'est le moins qu'on puisse dire), l'homme se débarrasse du chien. Il se croit sauvé, lorsque soudain... ce sont tous les êtres vivants qui le trouve à leur goût.

Une vengeance post-mortem du chien ? Ou celui-ci n'était-il qu'un brin plus sensible, précurseur de ce qui allait se passer. Personne ne sait. Et c'est pas ça l'intérêt. L'intérêt, c'est l'humain, et sa réaction face à l'absurde. En cela, Yann Marchand, comme beaucoup d'entre nous, est un fervent lecteur du Kafka de la Métamorphose, ou de Théo Sturgeon.

Et sur ce prétexte, entre le fantastique et la Speculative Fiction de la grande époque, Yann Marchand nous construit un beau texte. Il tire toutes les ficelles de son hypothèse de départ, la fait évoluer, la traite sur la longueur avec beaucoup d'intelligence. Dans le traitement, ça m'a fait penser à Bob Shaw et ses Yeux du temps. On prend une idée, et on l'applique, on la pousse, on la tire. On en fait quelque chose de vivant. La dessus, rien à redire.

Mais je trouve que chaque époque, chaque moment, est un peu trop courte. Juste un chouia de plus, et la nouvelle prenait une vrai grande dimension. Comprenons nous bien : elle est déjà très bien comme elle est. Mais je trouve qu'elle est soit trop longue pour n'être qu'un coup de poing dans la tronche et vous laisser K.O., soit un rien trop courte pour totalement emporter le morceau.

De même, quelques moments de flottement dans l'écriture font relâcher la pression. Quelques endroits, hélas, pâtinent un peu.

Tout cela, je le dis, alors que j'ai beaucoup aimé le texte. Mais je trouve dommage qu'un chouia de plus n'ait pas été fait, pour le rendre incontournable. Un très bon moment de lecture, tout de même.

Posté par jerubuntu à 14:04 - - Commentaires [0] - Permalien [#]


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